COMMUNIQUÉ« L’UE, alliée de l’occupation : une déclaration qui enterre ses propres principes »Pour la défense du droit à l’autodétermination et à la souveraineté du peuple sahraoui

30 يناير 2026

L’Instance Sahraouie Contre l’Occupation Marocaine (ISACOM) exprime sa condamnation ferme et son profond rejet de la déclaration conjointe adoptée le 29 janvier 2026 par l’Union européenne et le Royaume du Maroc à l’issue du 15ᵉ Conseil d’association. Ce texte marque un grave reniement des principes fondateurs de l’UE et une complicité délibérée avec une occupation illégale en violation flagrante du droit international.
Alors qu’elle se présente comme garante des droits humains, de la démocratie et de l’intangibilité des frontières, l’Union européenne choisit délibérément d’ignorer l’occupation illégale du Sahara Occidental par le Maroc depuis près de cinquante ans. En épousant le langage unilatéral de l’occupant marocain, en validant son « fantôme plan d’autonomie » qu’elle qualifie de « solution la plus réalisable », vidant ainsi de sa substance le droit inaliénable à l’autodétermination du peuple sahraoui – pourtant consacré par la Charte des Nations unies et réaffirmé sans équivoque par la Cour internationale de Justice dans son avis consultatif historique du 16 octobre 1975.
Comment l’UE peut-elle condamner avec vigueur les tentatives d’annexion en Groenland et l’occupation illégale de territoires palestiniens, tout en légitimant et en consolidant, via des partenariats politiques et économiques renforcés, une occupation militaire prolongée au Sahara Occidental depuis 50 ans? Une telle duplicité est moralement et juridiquement insoutenable. Elle sape la crédibilité de l’Union en tant qu’acteur normatif et envoie un message dangereux : le droit international ne s’applique qu’au service des intérêts géostratégiques et économiques.
Les arrêts successifs du Tribunal de justice de l’Union européenne – notamment ceux rendus à partir de 2016 – ont pourtant établi une jurisprudence claire : le Sahara Occidental est un territoire distinct et séparé du Maroc. Aucun accord entre l’UE et le Maroc ne peut s’y appliquer sans le consentement libre et éclairé du peuple sahraoui, représenté par son unique représentant légitime, le Front POLISARIO. La déclaration du 29 janvier 2026 constitue une manœuvre évidente pour contourner ces décisions de justice, perpétuer l’exploitation illicite des ressources naturelles sahraouies et normaliser un statu quo d’occupation et d’oppression.
Instance Sahraouie Contre l’Occupation Marocaine (ISACOM exige de l’Union européenne :

  1. Le respect strict des arrêts de sa propre Cour de justice, qui reconnaissent le statut distinct et séparé du Sahara Occidental.
  2. La fin de toute reconnaissance, implicite ou explicite, de la prétendue souveraineté marocaine sur un territoire inscrit par l’ONU sur la liste des territoires non autonomes.
  3. Le soutien à un processus de négociation onusien véritablement inclusif, sans préconditions, où toutes les options – y compris l’indépendance – doivent être discutées.
  4. L’arrêt immédiat de toute complicité dans le pillage des ressources naturelles sahraouies, qui prive le peuple sahraoui de sa souveraineté permanente sur ses richesses.
    Tant que l’UE pratiquera une politique de deux poids, deux mesures, elle ne pourra prétendre incarner un ordre international fondé sur le droit. Le peuple sahraoui, résilient et déterminé, continue de lutter pacifiquement pour sa liberté, sa dignité et sa souveraineté. ISACOM appelle les citoyens européens, les parlementaires, les organisations de la société civile et les États membres à exiger de leurs institutions une cohérence éthique et juridique dans le traitement de la question sahraouie.
    La liberté n’est pas négociable. L’autodétermination non plus.

Bureau exécutif de l’ Instance Sahraouie Contre l’Occupation Marocaine (ISACOM).
Le 30 Janvier 2026: El Aaiún occupé/ Sahara occidental